Le marché de l'emploi se durcit pour les nouveaux venus. Selon l’enquête annuelle de la Conférence des grandes écoles, l’emploi des jeunes diplômés recule pour la deuxième année consécutive : seuls 76 % d’entre eux occupent un poste moins de six mois après l’obtention de leur diplôme, contre 80,2 % l’an dernier et 85,8 % il y a deux ans. Une insertion professionnelle qui se complique, malgré des employeurs qui peinent toujours à recruter sur certains métiers.
Un recul confirmé sur trois ans
La baisse est nette et continue. En deux ans, le taux d'emploi des jeunes diplômés a perdu près de dix points, un rythme inédit depuis la création de l’enquête. Le repli touche toutes les filières, mais à des degrés différents :
- Ingénieurs : 77,5 % en poste (-4,9 points)
- Managers : 74,5 % en poste (-3,8 points)
- Autres spécialités : 72,2 % en poste (-1,1 point)
Les écoles d’ingénieurs, longtemps épargnées par les tensions du marché du travail, sont désormais celles qui enregistrent le recul le plus marqué en valeur absolue, même si elles restent la filière la mieux placée en proportion.
Des contrats stables, mais un marché plus sélectif
Le tableau n’est pas uniformément sombre. Parmi les diplômés qui trouvent un poste, 80,9 % décrochent directement un CDI et 84 % se disent satisfaits de leur emploi. Le salaire moyen à l'embauche reste quasiment stable, autour de 39 679 € bruts annuels (+0,2 %), même si un écart de 5,8 % subsiste entre les rémunérations des femmes et des hommes diplômés.
Le vrai changement se joue donc moins sur la qualité des postes obtenus que sur le temps nécessaire pour les décrocher : les recruteurs trient davantage, et l’intégration des outils d’intelligence artificielle dans les tâches jusque-là confiées aux jeunes profils juniors ralentit une partie des embauches d’entrée de carrière.
Un contexte économique qui pèse sur toute une génération
Ce ralentissement de l’insertion des diplômés du supérieur s’inscrit dans une tendance plus large. Le taux de chômage des 15-24 ans atteint 21,1 % au premier trimestre, en hausse de deux points sur un an, quand celui de l’ensemble de la population reste autour de 8,1 %. Le phénomène touche aussi les jeunes sans diplôme ni formation, une catégorie que l’on désigne sous le terme de NEET, et dont les effectifs restent élevés en France.
Du côté des employeurs, les intentions d'embauche pour l’année sont elles aussi en repli : 2,27 millions de projets de recrutement sont recensés, soit 6,5 % de moins que l’année précédente, même si les difficultés de recrutement reculent parallèlement, preuve d’un marché qui se rééquilibre plutôt qu’il ne s’effondre. Dans ce climat, des dispositifs comme l’alternance restent une voie privilégiée pour sécuriser une première expérience, même si les aides qui l’accompagnent ont été revues à la baisse. La tendance n’est pas propre à la France : le chômage des jeunes évolue aussi ailleurs dans le monde, avec des trajectoires parfois inverses selon les pays.
Pour les jeunes diplômés qui entament leur recherche cette rentrée, l’enjeu est désormais moins de trouver un poste stable que d’anticiper un délai d'embauche plus long, en diversifiant les candidatures au-delà du seul secteur d’origine de leur formation.
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Questions fréquentes
Pourquoi le taux d'emploi des jeunes diplômés recule-t-il ?
Les recruteurs sont devenus plus sélectifs dans un contexte économique plus tendu, et l’automatisation de certaines tâches d’entrée de carrière ralentit une partie des embauches de profils juniors, selon l’enquête de la Conférence des grandes écoles.
Les diplômés qui trouvent un emploi ont-ils de moins bonnes conditions ?
Non : 80,9 % obtiennent directement un CDI et le salaire moyen à l'embauche reste stable. C’est surtout le délai pour trouver un poste qui s’allonge, pas la qualité du contrat obtenu.
Ce recul touche-t-il toutes les filières de la même façon ?
Non, les ingénieurs restent la filière la mieux insérée avec 77,5 % en poste, mais c’est aussi celle qui enregistre le recul le plus marqué cette année, devant les managers et les autres spécialités.
Sources
- Diplomeo — Enquête Insertion CGE 2026
- Insee — Taux de chômage, 1er trimestre 2026
- France Travail — Enquête Besoins en Main-d’Œuvre 2026
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



