Les vitrines parisiennes du design n’ont jamais semblé aussi vivantes, et pourtant le marché du meuble en France traverse sa cinquième année consécutive de recul. Un paradoxe qui en dit long sur l’état réel du secteur, derrière les belles images des salons professionnels.
Un secteur en repli depuis cinq ans
Selon les données de l’IPEA, relayées par l’organisation professionnelle Ameublement français, le marché tricolore du meuble et de la décoration a pesé 13,6 milliards d’euros en 2025, en baisse de 1,8 %, après un recul bien plus marqué de 5,1 % en 2024. La tendance ne s’est pas inversée en 2026 : sur les sept premiers mois de l’année, l’activité affiche un repli de 3,2 %, avec une chute de 6,1 % sur le seul mois de juillet. Au total, le secteur reste encore à plus de 25 % sous son niveau de 2021.
Tous les segments ne sont pas logés à la même enseigne. Le meuble de cuisine progresse légèrement (+2 %), tandis que les meubles meublants (-4 %) et le mobilier de jardin (-3,8 %) encaissent les baisses les plus sévères. Côté distribution, les enseignes spécialistes résistent mieux (+1,6 %, pour 3,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires) que la grande distribution ameublement, en retrait de 2,7 % à 5,2 milliards d’euros.
Maison&Objet, une vitrine internationale qui masque la morosité locale
C’est dans ce contexte tendu que s’est tenue, du 10 au 14 septembre, l’édition « Pulse in Motion » du salon Maison&Objet à Paris. L’événement a réuni plus de 61 400 visiteurs et 1 700 marques venues de 49 pays. Si le marché franco-européen se contracte, le salon a mis en avant une fréquentation internationale soutenue, avec une mobilisation notable de visiteurs belges, grecs, polonais, norvégiens et luxembourgeois, ainsi que des délégations venues de Chine, du Canada, d’Afrique et d’Amérique du Sud.
Ce décalage entre la vitrine et la réalité économique illustre une dynamique propre au secteur : les salons professionnels du design jouent un rôle de catalyseur à l’export et de laboratoire de tendances, pendant que les ventes aux particuliers restent freinées par un contexte de pouvoir d’achat tendu et par le ralentissement du marché immobilier, moins propice aux achats d’équipement pour la maison.
Ce que cela change concrètement pour les consommateurs
- Les enseignes spécialistes, en meilleure santé commerciale, ont davantage de marge pour négocier des prix ou proposer des offres de fidélité.
- Le segment cuisine, seul en croissance, concentre les investissements des fabricants en matière d’innovation et de nouveaux matériaux.
- La demande plus faible peut se traduire par des délais de livraison raccourcis et davantage de promotions sur le mobilier meublant et de jardin.
Pour les acheteurs, c’est aussi l’occasion de privilégier des meubles éco-conçus, un critère de plus en plus déterminant alors que les fabricants cherchent à se différencier sur un marché où les volumes stagnent. Ce ralentissement touche aussi, plus largement, le secteur de l’entreprise et du commerce en France, confronté à la même prudence des ménages.
Questions fréquentes
Pourquoi le marché du meuble recule-t-il depuis plusieurs années ?
La baisse du pouvoir d’achat, le ralentissement du marché immobilier et des prix des matières premières restés élevés limitent les achats d’équipement, notamment sur les meubles meublants et de jardin.
Le salon Maison&Objet reflète-t-il la santé du marché français ?
Pas directement : sa fréquentation dépend largement des acheteurs professionnels et internationaux, alors que le repli concerne surtout les ventes aux particuliers en France et en Europe.
Quels segments du meuble résistent le mieux ?
Le meuble de cuisine est le seul segment en croissance (+2 %), et les enseignes spécialistes s’en sortent mieux que la grande distribution généraliste.
Sources
- Ameublement français (IPEA) — note de conjoncture
- Meuble Info — Maison&Objet et le visitorat international
- Le Cercle Points — le design face à un marché fragile
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



