Le recrutement reste l’un des principaux casse-têtes des entreprises françaises à la rentrée. Selon l’enquête Besoins en Main-d’Œuvre (BMO) 2026 de France Travail, publiée cet été, 2,275 millions de projets d'embauche sont recensés cette année, et près de 44 % d’entre eux sont jugés difficiles à concrétiser. Un chiffre en léger recul par rapport à 2025, mais qui masque une réalité plus contrastée selon les secteurs et les métiers.
Ce que révèle l’enquête BMO 2026
Le taux de difficulté de recrutement s’établit à 43,8 %, en baisse de 6,3 points sur un an, ce qui traduit un léger mieux après deux années de tension record. Les secteurs qui recrutent le plus restent la santé et l’action sociale (322 000 postes), l’hôtellerie-restauration (319 000), le commerce et la distribution (264 000), l’industrie (211 000) et l’agriculture (193 000). Face à ce constat, France Travail a annoncé une stratégie sectorielle ciblant trente filières, dont onze jugées prioritaires, organisée autour de quatre piliers : attirer, former, recruter et fidéliser. L’objectif affiché est de mener 400 000 prospections d’entreprises en 2026, soit quatre fois plus qu’en 2023.
Pourquoi les compétences manquent encore
Au-delà des chiffres globaux, une étude de pénurie de compétences menée par le cabinet Hays France pointe un décalage persistant entre les profils recherchés et les candidats disponibles : 48 % des entreprises déclarent une pénurie de talents modérée, 13 % une pénurie extrême, notamment sur les compétences techniques et numériques. Pour y répondre, 37 % des employeurs misent en priorité sur le recrutement de profils spécialisés en tech, tandis que 31 % choisissent de développer les compétences en interne plutôt que de recruter à tout prix. Seules 20 % des entreprises prévoient d’augmenter leurs effectifs permanents, un signe que la formation continue devient un levier au moins aussi important que l'embauche.
Les secteurs les plus sous tension
Le numérique illustre bien ce paradoxe : avec 84 227 projets de recrutement recensés, près d’un sur deux (49,5 %) est jugé difficile à pourvoir, l’un des taux les plus élevés toutes filières confondues. Même constat dans l’industrie, où 48 % des 211 000 projets de recrutement sont considérés comme complexes, en particulier sur les métiers de maintenance, d’automatisme, de qualité et d’hygiène-sécurité-environnement. Ces tensions concernent aussi la santé, le bâtiment et l’hôtellerie-restauration, des secteurs où les besoins en main-d’œuvre progressent plus vite que le vivier de candidats formés.
Ce que ça change pour les candidats et les entreprises
Pour les actifs, ce contexte rebat les cartes : changer d'employeur reste, selon Hays, le levier salarial le plus efficace (30 % l’utilisent), loin devant les augmentations internes (20 %). Les candidats valorisent aussi de plus en plus l’environnement de travail (59 %) et l’intérêt des missions (48 %) au moins autant que la rémunération. Du côté des jeunes actifs, la question de l’insertion professionnelle reste sensible, comme le montre le débat sur le recul du taux d’insertion des jeunes diplômés ou la situation des jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation. L’alternance continue de son côté à jouer un rôle de tremplin vers l'emploi, tandis que la formation professionnelle se réinvente, notamment via des formations en intelligence artificielle plébiscitées via le CPF. Pour les entreprises, l’enjeu n’est plus seulement de recruter, mais de former et de fidéliser des équipes dans des métiers en tension durable.
Consulter aussi les actualités de la rubrique Enseignement – Emploi et celles dédiées à la vie des entreprises pour suivre l’évolution de ces tendances.
Questions fréquentes
Le recrutement est-il plus facile en 2026 qu’en 2025 ?
Légèrement, oui : le taux de difficulté de recrutement recule de 6,3 points selon l’enquête BMO 2026, mais il reste élevé, à 43,8 % des projets d'embauche jugés difficiles.
Quels sont les secteurs les plus en tension ?
Le numérique (49,5 % de projets difficiles), l’industrie (48 %), la santé, le bâtiment et l’hôtellerie-restauration figurent parmi les secteurs qui peinent le plus à recruter.
Comment les entreprises répondent-elles à la pénurie de compétences ?
Elles misent surtout sur le recrutement de profils spécialisés et sur le développement des compétences en interne, plutôt que sur une simple augmentation des effectifs.
Sources
- France Travail — Enquête BMO 2026
- Hays France — Tendances RH 2026
- Optima Industrie — Tendances recrutement 2026
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



