Un même prénom ne rassemble plus grand monde. Selon une étude de l’Insee publiée en septembre 2026, la France comptait 65 940 prénoms différents donnés à des enfants en 2025, contre seulement 8 007 en 1946. En quatre-vingts ans, le choix du prénom est devenu l’un des marqueurs les plus visibles d’une société qui cultive l’individualité plutôt que la tradition partagée.
Une explosion silencieuse depuis 80 ans
Le chiffre est parlant : en 1946, les cinq prénoms de garçons les plus donnés représentaient à eux seuls 32,5 % des naissances masculines ; en 2025, ils n’en pèsent plus que 5,5 %. Même mouvement côté filles, où le top 5 est passé de 21,3 % à 4,3 % des naissances sur la période. Autrement dit, de moins en moins de bébés portent le même prénom qu’un camarade de classe. L’Insee relève également que plus de 607 000 prénoms recensés entre 1946 et 2025 n’ont été donnés qu’une seule fois : la rareté, autrefois l’exception, devient une pratique courante.
L’assouplissement de la loi qui a tout changé
Cette diversification ne doit rien au hasard. Jusqu’en 1993, la loi héritée du Code civil de 1803 encadrait strictement le choix des prénoms : un officier d’état civil pouvait refuser un nom jugé « fantaisiste ». La réforme de 1993 a mis fin à ce contrôle a priori, ouvrant la voie à des choix bien plus personnels, influencés par la culture populaire, les prénoms étrangers ou les envies propres à chaque famille. Ce basculement juridique éclaire aussi, plus largement, la façon dont le droit encadre – ou libère – les choix intimes des familles françaises, un sujet que l’on retrouve dans d’autres pans du droit touchant à la vie quotidienne.
Chaque génération, son miroir
Les prénoms fonctionnent comme des repères d’époque. Les baby-boomers grandissaient entourés de Marie et de Jean, la génération X a multiplié les Nathalie et les Christophe, la génération Y a préféré Aurélie et Nicolas. Aujourd’hui, la génération Z se reconnaît dans les Léa et les Lucas, tandis que Gabriel et Louise trônent en tête des prénoms donnés en 2025. Cette manière qu’a chaque cohorte de se distinguer par ses choix n’est pas sans rappeler d’autres évolutions observées chez les plus jeunes, qu’il s’agisse de leur rapport à l’apprentissage ou de leur entrée dans un monde du travail où le taux d’insertion professionnelle reste scruté de près.
Prénoms unisexes et effets de mode plus éphémères
Autre tendance de fond : la montée des prénoms mixtes, donnés indifféremment aux garçons et aux filles. Ils représentaient 85 naissances sur 10 000 en 1946 ; ils en concernent 536 sur 10 000 en 2025, soit plus de six fois plus. Les chercheurs de l’Insee notent aussi une « sensibilité accrue aux effets de mode » : un prénom peut connaître une popularité fulgurante puis retomber en quelques années à peine, un rythme qui accélère à mesure que les réseaux sociaux et la culture populaire circulent plus vite. Ce phénomène de cycles courts n’est pas propre aux prénoms : il traverse aussi d’autres pans du quotidien, des références culturelles qui inspirent les parents jusqu’aux tendances déco qui se renouvellent elles aussi de saison en saison.
- 65 940 prénoms différents donnés en 2025, contre 8 007 en 1946
- Top 5 des prénoms de garçons : 32,5 % des naissances en 1946, 5,5 % en 2025
- Top 5 des prénoms de filles : 21,3 % des naissances en 1946, 4,3 % en 2025
- Plus de 607 000 prénoms donnés une seule fois entre 1946 et 2025
- Prénoms unisexes : 85 pour 10 000 naissances en 1946, 536 pour 10 000 en 2025
- Gabriel et Louise, prénoms les plus donnés en France en 2025
Que retenir de cette diversification
Derrière ces chiffres se lit une transformation plus vaste de la société française : le prénom n’est plus seulement un nom de famille élargi, il devient un acte de personnalisation, presque une signature. Ce choix, longtemps encadré par la loi et la tradition, s’inscrit désormais dans la continuité d’autres arbitrages familiaux, de l’éducation donnée aux enfants jusqu’à la manière dont chaque génération construit son identité propre. Une chose est sûre : la prochaine étude de l’Insee sur le sujet aura, elle aussi, de nouveaux prénoms à recenser.
Questions fréquentes
Pourquoi y a-t-il de plus en plus de prénoms différents en France ?
La loi de 1993 a supprimé le contrôle préalable des officiers d’état civil sur les prénoms jugés « fantaisistes », ouvrant la voie à des choix plus libres. S’y ajoutent l’influence des cultures étrangères, des réseaux sociaux et une volonté croissante des parents de distinguer leur enfant.
Quels sont les prénoms les plus donnés en France en 2025 ?
Selon l’Insee, Gabriel arrive en tête chez les garçons et Louise chez les filles pour les naissances de 2025, mais leur poids relatif reste bien plus faible qu’autrefois puisque les choix se répartissent sur des dizaines de milliers de prénoms différents.
Les prénoms unisexes sont-ils vraiment plus fréquents qu’avant ?
Oui : l’Insee recense 536 prénoms mixtes pour 10 000 naissances en 2025, contre 85 pour 10 000 en 1946, soit une progression de plus de six fois en quatre-vingts ans.
Sources
- Insee Première n°2127 – 80 ans de prénoms : de plus en plus de diversité
- Titrespresse – Les prénoms donnés depuis 80 ans se sont beaucoup diversifiés, selon l’Insee
- Titrespresse – Plus grande diversité, influence américaine, effets de mode : comment le choix des prénoms a changé
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



