Voté le 30 octobre 2026 à l’Assemblée nationale, un amendement crée une taxe sur les données numériques transmises aux internautes français. Le texte, déposé par le député socialiste Laurent Lhardit, prévoit une contribution de 5,5 centimes par gigaoctet à la charge des plateformes qui diffusent du contenu en France : streaming vidéo, réseaux sociaux, jeux en ligne ou services cloud.
Le vote s’est joué à une poignée de voix, dans un hémicycle quasi vide : 11 voix pour, 10 contre, malgré l’avis défavorable du gouvernement. Les porteurs du texte évaluent les recettes potentielles à près de 10 milliards d’euros par an, une somme destinée à combler une partie du déficit du budget 2027. Cette adoption n’est toutefois qu’une étape : le texte doit encore franchir la suite de l’examen budgétaire à l’Assemblée, puis la navette avec le Sénat, avant d’espérer entrer en vigueur.
Comment fonctionnerait cette taxe au gigaoctet
Le principe retenu est celui d’une contribution à la source : c’est l’entreprise qui envoie les données vers les abonnés français qui serait redevable, et non directement l’utilisateur final. Concrètement, chaque gigaoctet transmis à un internaute ou un mobinaute en France déclencherait le paiement de 0,055 euro par la plateforme d’origine. Les gros émetteurs de trafic – vidéo à la demande, plateformes de partage, distribution de jeux vidéo volumineux, hébergeurs cloud – seraient les premiers concernés.
- Un film en streaming haute définition (environ 4 à 7 Go) représenterait de 22 à 38 centimes de taxe pour la plateforme qui le diffuse.
- Le téléchargement d’un jeu vidéo volumineux, de plusieurs dizaines de gigaoctets, générerait plusieurs euros de contribution.
- Les usages courants – messagerie, navigation, musique en streaming – resteraient marginaux à l’échelle individuelle, mais s’additionnent à l’échelle de millions d’abonnés.
Qui pourrait finalement payer la facture
La question qui agite déjà les fournisseurs d’accès à Internet et les plateformes est celle de la répercussion du coût. Rien n'empêcherait un service de streaming ou un éditeur de jeux d’intégrer cette nouvelle charge dans ses tarifs d’abonnement, comme cela s’est déjà vu avec d’autres taxes sectorielles. Pour un lecteur qui compare son forfait sans engagement, la vigilance sur les futures hausses de prix devient donc un critère à surveiller, tout comme l’évolution des usages liés au streaming audio et aux podcasts, eux aussi gourmands en données.
Les soutiens de l’amendement défendent une logique de rééquilibrage fiscal : faire contribuer les grandes plateformes, souvent étrangères, au financement des infrastructures et du budget de l’État, sur un modèle qui ne pèserait pas sur les ménages. Ses opposants pointent au contraire le risque d’un report pur et simple sur les prix des abonnements, dans un secteur qui mise par ailleurs sur des technologies gourmandes en bande passante, à l’image du calcul quantique souverain ou de l’intelligence artificielle.
Une idée déjà débattue, jamais encore adoptée
La taxation de la bande passante n’est pas une nouveauté dans le débat budgétaire français : des propositions similaires avaient déjà été évoquées lors de précédents exercices, sans jamais franchir le cap du vote. Cette fois, le texte a passé une première haie, mais son sort reste suspendu à la suite des débats. Le gouvernement, qui s’y est opposé, pourrait chercher à le faire supprimer en séance ou lors de la navette parlementaire. Les acteurs du numérique, de leur côté, ont commencé à alerter sur un risque de double imposition, la fiscalité du secteur ayant déjà été renforcée à plusieurs reprises ces dernières années.
Questions fréquentes
La taxe au gigaoctet est-elle déjà appliquée ?
Non. L’amendement a seulement été adopté en commission d’examen du budget à l’Assemblée nationale le 30 octobre 2026. Il doit encore passer les autres étapes du débat budgétaire et la navette avec le Sénat avant toute entrée en vigueur éventuelle.
Qui paierait concrètement cette taxe ?
Le texte prévoit que la contribution de 5,5 centimes par gigaoctet soit due par l’entreprise qui transmet les données – plateforme de streaming, réseau social, service cloud ou distributeur de jeux – et non directement par l’abonné français.
Les prix des abonnements vont-ils augmenter ?
Rien n’est acté : aucune plateforme n’a annoncé de hausse à ce stade, et la taxe n’est pas en vigueur. Mais plusieurs observateurs soulignent que ce type de contribution est historiquement répercuté, en tout ou partie, sur les tarifs proposés aux utilisateurs.
Sources
Assemblée nationale – compte rendu de la séance du 30 octobre 2026
Europe 1 – Budget 2027 : les députés votent une taxe au gigaoctet
Alloforfait – Taxe sur les producteurs de données numériques
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



