La fraude bancaire ne recule pas en France. Selon les derniers chiffres publiés par l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP), organisme placé auprès de la Banque de France, le montant total de la fraude a atteint 618 millions d’euros au premier semestre 2025, en hausse de 7 % sur un an. Mais le chiffre le plus préoccupant ne concerne pas les montants globaux : c’est la part grandissante de la fraude par manipulation, qui vise directement la confiance des clients plutôt que les failles techniques des banques.
La manipulation des clients, moteur de la fraude en 2025
D’après l’OSMP, la fraude par manipulation — c’est-à-dire les techniques d’ingénierie sociale où l’escroc se fait passer pour un conseiller bancaire, un agent des impôts ou un livreur — représente désormais près de 40 % de la valeur totale de la fraude au premier semestre 2025, contre 32 % en 2023 et 2024. Sur les virements réalisés depuis les espaces de banque en ligne, cette fraude progresse de 31 % en six mois et de 54 % sur un an, un rythme largement supérieur à celui des autres types de fraude.
Concrètement, les escrocs n’ont plus besoin de pirater un système informatique : ils convainquent directement leur victime, par SMS (« smishing ») ou par téléphone (« vishing »), de valider elle-même une opération frauduleuse ou de communiquer un code de validation. Cette bascule vers l’ingénierie sociale explique pourquoi les dispositifs de sécurité purement techniques, comme l’authentification forte, peinent à endiguer le phénomène.
Des scénarios de plus en plus crédibles
Les messages frauduleux se sont professionnalisés. Faux avis de colis en attente, fausses relances de la Direction générale des finances publiques, faux conseillers bancaires alertant sur une « opération suspecte » : les textes reprennent la charte graphique et le ton exact des organismes usurpés. La période de la rentrée est particulièrement propice à ces arnaques, entre frais de scolarité, réinscriptions universitaires et reprise des prélèvements automatiques, autant de prétextes exploités par les fraudeurs pour créer un sentiment d’urgence chez leurs cibles.
Face à ce constat, la Fédération bancaire française a lancé un appel à la mobilisation de l’ensemble des acteurs du numérique — opérateurs télécoms, plateformes et réseaux sociaux compris — estimant que la lutte contre la fraude ne peut plus reposer sur les seules banques. Les établissements bancaires rappellent de leur côté une règle simple : aucun conseiller ne demande jamais, par téléphone ou par SMS, de communiquer un code reçu par SMS ou de valider une opération dans une application de banque à distance.
Comment se prémunir contre ces arnaques
- Ne jamais communiquer un code de validation reçu par SMS, même à un interlocuteur se présentant comme votre banque.
- Vérifier l’expéditeur d’un SMS ou d’un e-mail en se rendant directement sur le site officiel de sa banque, sans cliquer sur le lien reçu.
- En cas de doute sur une opération, appeler son agence via le numéro habituel, et non celui indiqué dans le message suspect.
- Faire opposition immédiatement et signaler tout paiement contesté à sa banque, qui a l’obligation de rembourser les opérations non autorisées si la négligence du client n’est pas caractérisée.
Pour les ménages qui souhaitent sécuriser leur épargne et leurs finances à la rentrée, la vigilance sur ces arnaques doit s’ajouter aux réflexes classiques de gestion budgétaire. Ces alertes rejoignent d’ailleurs les recommandations plus larges en matière de protection juridique des consommateurs et de sécurité numérique face à une cybercriminalité de plus en plus organisée, un sujet suivi de près dans notre rubrique numérique.
Questions fréquentes
Ma banque peut-elle me rembourser après une fraude par manipulation ?
Oui, dans la majorité des cas. Si la victime n’a pas fait preuve de négligence grave (par exemple en communiquant volontairement un code secret après un discours mensonger), la banque est tenue de rembourser l’opération frauduleuse, conformément au droit bancaire en vigueur.
Pourquoi la fraude par manipulation progresse-t-elle plus vite que les autres ?
Parce qu’elle contourne les protections techniques : au lieu de pirater un système, l’escroc pousse directement la victime à valider elle-même l’opération frauduleuse, ce que les outils d’authentification forte ne peuvent pas détecter.
Quels sont les signaux d’alerte les plus fiables ?
Une demande urgente de code reçu par SMS, une pression pour agir « immédiatement », ou un interlocuteur qui connaît déjà certaines de vos données personnelles doivent systématiquement éveiller la méfiance, même si le scénario paraît crédible.
Sources
- Banque de France — Communiqué de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement
- Boursorama — Fraude aux moyens de paiement : ça va mieux, mais un chiffre inquiète
- Fédération bancaire française — Appel à la mobilisation contre la fraude aux moyens de paiement
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale



